Quand la BMO jouait avec des allumettes

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Je me souviens de cette manchette comme si c’était hier. En 2006, l’équipe de négociation à court terme de Bob Moore de la BMO gageait la chemise de ses patrons à Wall Street, Houston et Calgary. Après les dégâts causés par l’Ouragan Katrina, cette division de la Banque de Montréal s’est improvisée courtier en énergie et s’est mise à parier compulsivement sur les mouvements à la hausse du prix du gaz naturel.

Moore et ses subalternes tentaient de copier les bons coups du fonds spéculatif vedette américain Amaranth. Mélanger des dollars empruntés, des allumettes et de l’improvisation avec du gaz naturel est un cocktail plutôt explosif.

En 2007, le prix du gaz a alors suivi un chemin inverse que celui anticipé et ne cessait de perdre de la valeur. Le gros « hedge fund » Amaranth, incapable de liquider ses positions dans les contrats à terme a fermé purement et simplement effaçant 9 milliards de dollars d’argent de ses clients. Quant à ses petits admirateurs-imitateurs à la BMO, la perte (avec les capitaux de la banque) fut de 800 millions $. Oups.

Jim Hall, gestionnaire institutionnel prudent chez Mawer Investment Management de Calgary détenait alors des actions de la Banque de Montréal. Il n’en revenait tout simplement pas.

«Est-ce que je souhaite que la Banque de Montréal joue au courtier audacieux? Non. Qu’ils demeurent des banquiers avec complets à fines rayures. C’est juste ça que je demande. C’est là qu’ils connaissent leur affaire.»

Les activités de courtage spéculatif par des négociateurs employés des banques ont toujours été considérées comme une boîte noire, et c’est encore difficile d’obtenir des détails, d’avoir le portrait d’ensemble.  C’est justement en jouant aux petits alchimistes que les banquiers d’affaires américaines ont ruinés leur firme et on fait plonger le monde occidental dans une crise financière sans précédent en 2008. Des institutions centenaires comme Lehman Brothers et Bear Sterns n’ont pas survécu.

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